Volonté de chat apprenti (Extrait du tome 2)

Je me réfugiai dans le travail (le mot n’est pas trop fort !) et fis des pages et des pages de pleins et de déliés à en perdre la raison. Je traçais au calame des volutes, des arabesques, des révérences de traits, des lettres d’alphabet Onciale, Caroline, Gothique… usais de l’encre sans état d’âme, du papier, en demandant pardon aux arbres que je n’avais plus le temps d’aller griffer tellement j’écrivais !

Pourtant, je continuais de plus belle pour être le meilleur challigraphe du quartier.

Ma soif d’apprendre était plus forte que tout. Dans la bibliothèque de Boulotte, je trouvais tous les livres de référence qui m’apprenaient que j’écrivais avec un Calame : de l’arabe qalam – calamus en latin : roseau taillé en pointe que l’on trempe dans l’encre pour écrire et faire de la calligraphie : du grec Kallos : beauté, du grec Graphein : écrire ; la belle écriture…

Tout s’éclairait pour moi. Mes dessins parlaient d’eux-mêmes des efforts que je fournissais pour être un chat accompli. Boulotte comprit enfin qu’il fallait me laisser en paix et qu’elle n’était pas au bout de ses surprises avec moi. Je lisais, j’écrivais et maintenant je commençais à calligraphier. Son matériel servait enfin à réaliser des créations intelligentes et réussies :

– Comme tu es doué Oscar, je n’en reviens pas ! Ça te plaît, n’est-ce pas ?

Elle n’espérait tout de même pas que je lui réponde, en plus ! J’en faisais déjà assez comme cela !

Ce n’était plus des souriceaux que je lui ramenais à présent, mais des dessins de souris bien plus prometteurs !