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| Soirée de clôture du Festival du Conte des Alpes-Maritimes le 22 juillet à Peymeinade |
Ils étaient tous là, ensemble sur scène, pour une même
parole, les conteurs du 21ème festival du conte. Chacun dans une
langue "terrestre" a remercié la vie, celle qui porte
la parole des hommes et des femmes au delà des frontières, au delà
des religions et des cultures. Le conte est la voix (voie) qui
rassemble et qui ouvre le coeur sur la compréhension, la tolérance
et la paix. Il nous ramène à la source qui abreuve et à la
terre qui nourrit. Il nous rappelle ce que nous sommes et ce qui
nous relie. La "biodiversité" des conteurs et la mixité
des formes de parole ( qui aurait pu croire que Fiona Macleod
était rappeuse ?) nous ont enrichis d'énergies nouvelles. Il
n'y a certes pas qu'une parole conteuse, mais une multiplicité de
paroles authentiques et sincères pleines de qualités et de
contradictions qui nous dépassent parfois et nous questionnent.
Une chose est sûre, cette soirée a été comme un
révélateur de professionnalisme, grâce à des duos improbables. Je
pense à Fiona mais aussi à Catherine Bouin et Myriam
Pellicane:Elles arrivent sur scène, l'une derrière
l'autre...L'une est la lumière, l'autre son ombre. Elles
commencent...L'une conte avec ses mots, l'autre avec son
corps. Mais qu'est-ce que c'est que ce cirque ? On ne comprend
pas, on a envie de rire (jaune?) tant on est saisi
d'étonnement ! Mais regarde, écoute... l'une est funambule et
l'autre clown.
Attends, on n'est pas au cirque... On est dans le coeur
de l'une et la poésie de l'autre.On a peur quand même,
l'exercice est périlleux... T'inquète, on ressent
parfaitement la détermination de l'une et la force de
l'autre. Il y a quelque chose d'animal dans leur façon
d'être, d'organisé et réfléchi comme dans un clan, une meute.
Elles se complètent et se distinguent, l'une regardant dans la même
direction que l'autre, loin.
L'une porte un flambeau, celui de la spécificité,
l'autre semble clamer son authenticité. L'une porte la parole des
conteurs d'ici, l'autre entend celle-ci aussi. L'autre s'enroule
autour des jambes de l'une, va-t-elle l'entraver ? Non, elle ne
fait que la sublimer en formant le socle de la parole vraie. On
est captivé par l'histoire, les mots, les gestes, les regards. On ne
perd pas le fil, on n'en perd pas une miette. On est suspendu aux
lèvres et aux mains, tremblant pour l'équilibre des artistes. On
est tenu en haleine, vont-t-elles y arriver ? Performance réussie
avec brio ! A ces deux fleurs, je tire mon chapeau !
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