Boulotte invite Proust à la maison

Je ne peux pas passer sous silence la période « Marcel Proust » que me fit subir Boulotte. J’ai mangé du Proust pendant plus de six ans et le mot « manger » prend tout son sens ici. Elle ne se contenta pas d’évoquer les madeleines si chères au narrateur d’À la recherche du temps perdu ; elle se mit à en fabriquer elle-même.

Vous direz, bof ! Les madeleines, rien de plus simple. Ne vous méprenez pas : Boulotte dénicha un livre qu’elle alla chercher à Illiers-Combray et décida que ses madeleines seraient issues de la recette d’époque, celle de Marcel, oui, oui, rien que ça !

Elle disait qu’elle se rapprochait ainsi de l’écrivain. Je fis des recherches. Cette histoire de madeleines valait-elle la peine d’en faire tout un fromage ?! Je découvris un élément qui me prouva une fois encore la naïveté de Boulotte, qui gobait tout ce qu’on lui racontait.

Dans le manuscrit initial, Marcel avait écrit « tranche de pain grillé » et non pas madeleine ; comme quoi, s’il avait écrit « clafoutis aux cerises », nous aurions été au parfum (fruité) aux Jacinthes !

Mais qu’avaient-elles donc d’extraordinaire, les madeleines de Proust ? Il me fallait savoir… Boulotte les concoctait par dizaines ; les invités avaient intérêt à apprécier… Tu parles, Charles, une recette qui remontait fin XIXe, début XXe, ce n’était pas des biscuits pour chiens à 0,99 euro le kilo ! Certains repartaient même avec une boîte remplie de madeleines façon Boulotte (boîte qu’ils ne rendaient jamais d’ailleurs. Avis à ceux qui se sentent concernés en lisant ces lignes, le chat de la maison en a assez d’entendre Boulotte rouspéter que ses boîtes ont disparu !)

Que de souvenirs…

Tous avaient droit aux madeleines, y compris Player qui, le fourbe, adorait ça ! Nous avions déjà les madeleines de Proust, on se retrouvait désormais avec le chat aux madeleines de Boulotte !

Je ne voulus pas être en reste et entrepris la lecture de Proust à mon tour…